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Hip-Hop & Chambara
Samurai Champloo (サムライチャンプルー) résulte d'un savant mélange de hip-hop (ヒップホップ) et de chambara (チャンバラ). Ce dossier vous présente d'une part les caractéristiques du hip-hop dans la série, et d'autre la manière dont y est introduit le chambara. Cette rubrique les principaux traits de ces deux genres artistiques, mais il est possible d'en ajouter à cette liste non exhaustive... N'hésitez pas à me contacter pour ajouter d'autres manifestations du hip-hop et/ou du chambara dans Samurai Champloo! .» Samurai Champloo : série rythmée par un mixe hip-hop/chambara
Le Hip-Hop
Mouvement culturel apparu aux Etats-Unis, le hip-hop (ヒップホップ) demeure tout d'abord un anachronisme dans Samurai Champloo (サムライチャンプルー)... En effet, il n'est apparu qu'au début des années 70, dans les ghettos noirs de New York. Depuis, il a énormément évolué et acquis en notoriété durant son expansion à travers le monde. Dorénavant, le hip-hop compte quatre principales disciples : le deejaying, le rap, le b-boying ainsi que le graffiti. D'autres dérivés sont ensuite apparus, notamment le beatbox, le street language, et le street fashion (également appelé streetwear)... Mais le hip-hop demeure le plus connu en terme musical.
À travers Samurai Champloo, ce sont sur trois points que Shinichiro Watanabe (渡辺 信一郎) et Sato Dai (佐藤大) s'appuient : le beatbox, le graffiti, ainsi que le streetwear. Afin de renforcer la "sensation hip-hop" créée par la bande-son de Nujabes, FORCE OF NATURE, Fat Jon et Tsuchie, un épisode est entièrement consacré au hip-hop : il s'agit en l'occurrence du dix-huitième, "La Guerre des Mots". Le hip-hop est également présente dans les épisodes huit et seize. Voyons en images les différentes formes et apparitions du hip-hop dans Samurai Champloo, plus ou moins apparentes!
Héritiers de l'école Gojû de maître Niwa, les frères Tatsunoshin et Kazunosuke n'ont pas été formés selon les rites stricts du bushido, et n'ont pas connus de réelle éducation à la vie de samurai. C'est en partie de cette manière que l'on peut expliquer leur "laisser-aller" pour leur passion : le graffiti. Comme on peut le constater ici, le dojo demeure couvert de ces "espèces de gribouillis" selon Jin, mais de véritables "oeuvres d'art" à leurs yeux.
En plein chemin vers Nagasaki, Mugen, Jin et Fuu tombent sur trois inconnus empruntant la même route qu'eux. Quoi de particulier à cela? Et bien leur attitude : ces trois personnages manifestent l'une des formes du hip-hop en utilisant de cette manière leur jukebox, et en tournant leur phrase comme peuvent le faire les rappeurs modernes.
Les fidèles associés de Nagamitsu, dans le huitième épisode, lui offrent toujours une entrée en scène magistrale, qu'ils jugent "à la hauteur de la personne"... Ce qui est intéressant, c'est que Shinpachi lui propose un petit morceau de beatbox à chacune de celles-ci! Et de manière plutôt originale : faire du beatbox avec son katana, n'est-ce pas d'une part une démarche totalement hip-hop, et d'autre un anachronisme agréable?
Le graffiti occupe une place considérable dans le dix-huitième épisode : cette image est extraite d'une conversation entre Jin et les frères Niwa, qui nous explique, comme dans notre société actuelle, que le tag est une discipline difficile... Il faut choisir le moment opportun, la nuit donc, et ne pas se faire repérer par les autorités d'Osaka, la ville où se déroule l'épisode en question!
Tatsu et Kazu : deux frères qui ne peuvent pas se voir (en témoignent leur nombreuses altercations ; le titre américain est d'ailleurs "The Art of Altercation"), mais qui partagent une passion commune pour le graffiti. Leur style et leurs piercings sont également à mettre en relation avec le côté hip-hop qu'ils revendiquent.
Les tenues conventionnelles, que ce soit chez les hautes et basses castes de l'époque d'Edo, apparaissent tout au long de Samurai Champloo... On ne peut donc pas passer à côté des tenus "débraillées" du dix-huitième épisode : elles font directement référence au streetwear, comme l'explique Nokogiri Manzou dans l'un de ses commentaires. Cette nouvelle mode (prétendument créée à l'époque d'Edo, mais bon, selon Samurai Champloo!) fait donc directement référence au hip-hop.Le Chambara
Genre théâtral japonais, le chambara (チャンバラ) ou ken geki désigne une bataille au sabre. Tout comme ce qui est mis en relief dans Samurai Champloo (サムライチャンプルー), on peut l'assimiler à du jidai-geki (時代劇). Le chambara met en scène un personnage principal, solitaire, combattant et vouant sa vie au Bushidō (武士道). Ce héros est soit un samurai, soit un ronin. Il est amené à un certain nombre de combats, qui obéissent à un rythme particulier et relativement saccadé : le longs moments d'attentes et d'observation, suivis d'échanges rapides et violents de coups de sabre.
En règle générale, le film s'achève sur une grande bataille, voire un dai-ketto... Il faut faire remonter le chambara à l'époque d'Edo (江戸時代). À l'origine, il était mis en scène dans le théâtre Kabuki (歌舞伎). Les images ci-dessous tentent de déterminer les différentes apparitions et références au genre cinématographique du chambara, ou jidai-geki.
Le combat final, opposant pour mémoire Kariya Kagetoki et Jin, est une conforme du chambara comme il est traditionnellement filmé! En l'occurrence, il respecte la situation du héros (Jin), qui est un ronin solitaire et attaché au bushido, et l'organisation du combat, c'est-à-dire de longs moments d'observation (voire de dialogues dans ce cas), suivis de coups de sabres très violents et rapides. L'une des plus apparentes manifestations du chambara dans Samurai Champloo!
Un moment d'attente suivi d'une intervention très rapide du dénommé Ogura, qui désire venger la mort de Mariya Enshirou, tué de sang froid par Jin... On peut détacher de cette courte scène de combat, quelques traits du chambara.
Autre moment épique à travers Samurai Champloo, relativement semblable (mais moins admirable!) que celui de Kariya Kagetoki : Yukimaru, ancien camarade de Jin, affronte ce dernier durant leurs retrouvailles... Encore une fois, c'est du chambara conventionnel ; c'est-à-dire un long moment d'observation, de dialogue, et de remarques, et une conclusion très rapidement orchestrée par un échange rapide de coups de sabre.
Le premier dai-ketto de Samurai Champloo, dès le premier épisode de l'animé! Bien qu'il soit incohérent du fait de l'outrageuse domination de Mugen et Jin, il ne demeure pas moins fidèle aux caractéristiques du dénouement d'un film chambara. Tous les facteurs clés sont rassemblés, que ce soit le lieu (court d'un daimyo), la ville (Edo), ou les adversaires (les samurais entraînés de Matsunosuke).



